Femme et leader
Être une femme à la tête d’une université, en Afrique et ailleurs, n’est pas un long fleuve tranquille. “Oui, parfois” a-t-elle dû dépasser des résistances liées au genre. Sa réponse ? “La compétence, la constance dans le travail et les résultats. Le professionnalisme est la meilleure réponse aux stéréotypes.” Loin de la victimisation, elle voit dans sa position un signal fort : “Cela inspire de nombreuses jeunes filles à oser les carrières scientifiques et les responsabilités.” Pour elle, le leadership académique n’a définitivement pas de genre.
Un pont entre l’Afrique et la Francophonie
Dans cette quête d’excellence, la coopération internationale est un pilier stratégique. Membre du Conseil d’administration de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), elle y voit une responsabilité et une opportunité : “Contribuer au rayonnement des universités africaines dans l’espace francophone et renforcer leur capacité d’influence.” Une vision ouverte sur le monde, mais résolument ancrée dans les défis locaux. “Les grands défis – climat, santé, biodiversité – sont globaux, et la coopération permet le partage d’expertise”, rappelle-t-elle.
L’héritage d’une bâtisseuse
Alors, de quoi est-elle la plus fière ? Non pas d’un titre ou d’une fonction, mais d’un cycle vertueux. “D’avoir contribué à former plusieurs générations de chercheurs et d’avoir vu mes anciennes étudiantes devenir à leur tour des collègues, des leaders scientifiques.” Transmettre pour que d’autres, ensuite, ouvrent la voie. C’est là tout le sens de son engagement.
“La connaissance n’a de sens que si elle transforme le réel.” Cette citation qui l’accompagne résume à elle seule le projet de Véronique Yoboué. Son ambition ultime ? Laisser une “université d’excellence, innovante et ouverte sur le monde, capable de se positionner durablement parmi les institutions académiques les plus compétitives.” Aux jeunes filles qui doutent encore, elle lance un message simple et puissant, comme une promesse transmise de main de maître : “Osez. Osez les sciences. Osez les responsabilités. Votre compétence est votre force, et votre ambition est légitime.” Une invitation à faire du réel, justement, un terrain de jeu pour le savoir.